Histoire de Saint-Urbain-Maconcourt

D’après l’inventaire sommaire des archives communales

9 Juin 1679 :

Un orage a ravagé le territoire de Saint-Urbain en entrainant  les terres  des montagnes dans les vallées.

A cette époque de nombreux enfants avaient  pour parrain un religieux de l’abbaye.

De nombreux mendiants venaient de refugier à l’hôpital de Saint-Urbain.

En 1746 :

Il ne faut pas omettre de sonner pendant les orages et les temps de tonnerre.

Le vicaire veut quitter la paroisse, à moins qu’on ne lui fournisse un logement convenable. La fabrique Saint-Etienne de Saint-Urbain possédait une maison, rue de la Perrière, elle offrit à la commune de la lui louer pour loger le vicaire. Celui-ci la trouvant trop étroite pour lui, proposa d’affecter cette maison à l’école des filles et au logement de l’institutrice pour lui réserver la maison d’école plus vaste et plus saine.

L’assemblée, considérant qu’il faut préférer le vicaire à toute autre personne, consent à cette proposition.

Rétribution du berger :

Pour chaque vache, chèvre, porc : un sou par mois

Pour chaque moutons, trois deniers plus le pain tous les premiers dimanches du mois et les quatre bons jours de l’année.

29 novembre 1749 :

La sacristie et l’église sont  entièrement  pillées.

1761 :

Les religieux ne veulent pas se soumettre au banc de vendange : ils protestent. Grande émotion dans le pays, tumulte mais les habitants sont obligés de plier.

1777 :

Création d’une assemblée de notables pour représenter la communauté :

      • 4 sont choisis dans la bourgeoisie noble
      • 4 dans la classe des cultivateurs
      • et 4 dans la classe des vignerons et manants

1779 :

Saint-Urbain fut incendié dans la nuit du 4 au 5 février 1779.

Vers 1785 :

Vote de 600 livres pour la construction du pont de Marne, somme devant compléter les  dépenses faite par le trésor. L’abbé a du aussi ajouter 200 livres à la somme votée par la communauté.

Du 10 Aout 1788 à 1790 :

Nomination des délégués pour assister aux états tenus à Chaumont.  Pierre Bourgoin, bailli- François Larcher, syndic Antoine Liebault.  Ces députés sont partis le 11 mars 1789 et sont rentrés le 30. Leur voyage a couté 300 livres à la commune.

Au moment des doléances du tiers-état, le village se composait de 243 feux (maisons – foyers).

La maladie de la morve fait de grands ravages sur les bestiaux.

Formation de la milice bourgeoise qui s’opposait aux brigandages qui se produisaient dans certaines contrées.

Demande de construction d’un cimetière protestant.

En 1845 :

Saint-Urbain fut dévasté par une inondation causée par un orage.

Au XIX siècle :

Des lavoirs à bras pour laver le minerai de fer fleurissent sur le territoire de Saint-Urbain. Le minerai était extrait des mines de la région de Poissons et était épuré à Saint-Urbain. Un bocard et un patouillet  étaient  installés à l’emplacement des « cités » sur la marne et sur le ruisseau de la Combe de Bonneval en 1830. Puis un haut-fourneau fut construit pour la réduction du minerai de fer.

Une scierie hydraulique est installée sur le ruisseau de Saint-Urbain.

Le corroyage des chanvres était également  une activité de Saint-Urbain.

Au seuil du XX siècle :

Le phylloxéra a tué toutes les vignes haut-marnaises. Celles de Saint-Urbain n’ont pas fait exception à la règle.

Le choléra a décimé les campagnes, les villages se sont dépeuplés au profit des villes.

Le 1er décembre 1972 :

C’est la fusion entres les villages de Saint-Urbain et de Maconcourt.

Les évènements les plus récents ont été, dans leur majorité, relatés dans d’autres têtes de chapitres.

LES CHÂSSES

Fête des Châsses 2008

En 862, les reliques du pape Saint-Urbain furent transférées de Rome à Auxerre chez les bénédictins de Saint Germain d’Auxerre.

Trois ans plus tard, à la demande de l’évêque de Châlons Erchanraus, né à Villars en Perthois, elles furent retransférées au monastère qu’il venait de fonder en ce village, qui prit le nom de Saint-Urbain.

On suit le culte dont elles font l’objet depuis lors.

Cette grande procession part de l’église pour cheminer jusqu’à la chapelle (maison entre la marne et le canal) qui possède sur un de ces murs la statue du saint Urbain. Nous sortons les châsses de la Sacristie. Elles sont portées par des membres désignés par les familles auxquelles elles appartiennent. Sur le chemin, de nombreux reposoirs permettaient d’abord de se reposer puis de saluer une congrégation, un corps de métier, une idée ou un saint.

Chacun d’eux avait une signification :

  • A la fromagerie : les laitiers
  • Aux HLM : les ouvriers
  • Rue du Hanvion : le sacré cœur
  • Vers chez Frossard : la vierge
  • En haut de la rue de poissons : les vignerons

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HOMMES CÉLÈBRES NATIFS DE SAINT-URBAIN

* Nicolas Furgault (Wikipedia) :

Professeur antiquaire et helléniste distingué, il est né à Saint-Urbain le 20 octobre 1705. Dès la première enfance, il reçoit les soins de Nicolas Parisot, son oncle et parrain, recteur d’école à Saint-Urbain. Un peu plus tard, il commença ses études latines à l’école de l’abbaye puis alla les achever au collège de Troyes. Il s’adonna particulièrement aux langues latines et grecques et alla se perfectionner à Paris. Il fut appelé dans l’université et professa au collège Mazarin.

Il occupa la chaire de troisième pendant 25 ans.

Il est l’auteur de divers ouvrages classiques comme « le Nouvel abrégé de la grammaire grecque ». Il mourût à son lieu de naissance le 23 décembre 1794 (5 nivôse an 5).

* Charles Frossard :

Né le 2 juin 1778 et mort à Joinville le 8 avril 1848. Il a été chef d’escadron de la garde impériale.

* Général Frossard :

Son fils et membre du conseil général du département.

JEANNE D’ARC À SAINT-URBAIN

Plaque commémorative apposée sur le fronton de l'église concernant le passage de Jeanne d'Arc en 1429
Plaque commémorative apposée sur le fronton de l'église concernant le passage de Jeanne d'Arc en 1429.
Par Bycro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=97150275

Jeanne d’arc, jeune bergère de 17 ans, très croyante, a entendu la parole de Dieu lui demandant de délivrer la France des Anglais et d’accompagner le jeune dauphin CHARLES VII à son sacre à Reims.

Jeanne, armée, escortée d’une petite armée, est partie le mercredi 23 février 1429 de Vaucouleurs. Comme nous étions en saisons des grandes eaux, elle fut obligée d’emprunter les traverses. Son trajet de Vaucouleurs à Saint-Urbain figure sur la carte jointe.

Elle s’est réfugiée au soir de sa première étape, à l’abbaye de Saint-Urbain, lieu sous la protection de Dieu.

Le jeudi 24 février, jour de jeûne à Saint-Urbain, Jeanne d’Arc fit ses dévotions. Elle fit également écrire à ses parents, implorant leur pardon pour être partie sans leur agrément.

L’abbé de Saint-Urbain Arnoul d’Aulnoy appela sur Jeanne la protection du seigneur et des archanges.

Après Saint-Urbain, elle alla se refugier au monastère de Clairvaux en passant par Blécourt. Le chemin le plus sûr était d’éviter les forteresses, car les Anglais étaient partout en Champagne, pour ne traverser que les terres appartenant aux monastères. Jeanne arriva le 27 février à Auxerre puis à Gien. Elle obligera les Anglais à lever le siège d’Orléans le 8 mai, les vainquit à Patay, fit sacrer Charles VII à Reims le 17 juillet 1429. Mais elle échoua à Paris. Elle fut livrée aux  anglais qui la déclarèrent sorcière. Elle fut brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Ces victoires ont redonné confiance au roi et aux français : les anglais sont chassés du royaume. Après un procès posthume, Jeanne fut réhabilitée, béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

LA VIGNE À SAINT-URBAIN

La vigne a occupé une place très importante, jusqu’au XIXe siècle, en Haute-Marne. C’est en 1860, que le vignoble haut-marnais a connu son apogée. Il est particulièrement répandu dans les cantons de Joinville, Doulaincourt, Chateauvillain…

Saint-Urbain compte environ 60% de sa population qui vit uniquement de la vigne. Celle-ci couvre 450 hectares soit près de 20% de la superficie totale et le vin est expédié jusque dans la capitale.

C’est en 1903, que le phylloxéra a anéanti le vignoble de la région. Des coteaux, autrefois soignés et prospères, sont ruinés et livrés à la friche. Toutefois des traces matérielles et toponymiques témoignent de ce riche passé. Les « Perrières » sont des amas de pierres, que l’on peut encore voir au sommet de la « cote à vaches » par exemple. Celles-ci ont été montées à dos de vigneron pour débarrasser leurs vignes des cailloux gênants.

Certaines vignes sont encore sur pied à Saint-Urbain où il reste de trop rares îlots de vignoble, accrochés sur le meilleur versant.

Le vin dit « vinot » ou «  vin vert » est léger, en général acide et de conservation difficile, réservé à une consommation familiale.

Nous avons assisté, à l’automne, à la vendange des deux dernières vignes de Saint-Urbain.

LES LIEUX-DITS

Il y a des déterminations précises (ex : Maladière), pour d’autres, à cause des déformations au cours des siècles, la « fiabilité » est à peu près celle qu’on peut accorder à une baguette de sourcier.

Pour moins de possibilités d’erreur, il faut se rendre sur place, et encore ! Des lieux-dits se sont parfois déplacés.

Donc sans garantie aucune (sauf pour +)

Les fourches : (+) lieu où il y avait les fourches patibulaires ou gibet pour la pendaison.

La maladière : (+) lieu, à l’écart d’une agglomération où il y avait un bâtiment (maladière, maladrerie) pour soigner les malades de la ladre (lèpre). La lèpre avait été rapportée en France par les croisés.

Vautrignéville : (+) (Watrignéville), autrefois village ruiné par les Anglais (au XIVe siècle Saint-Urbain en était un hameau).

Rouges terres : terres argileuses.

Château-lièvre : déformation de chasse au lièvre (?)

La cressonnière : lieu où on récoltait du cresson (lieu non loin d’un point d’eau).

Les raies montantes : lieu où les champs sont dans le sens de la pente du terrain. Ce qui fait que les raies ou roies (sillons) sont montantes.

Les cotelles : petites côtes.

Coulinonval : val où un nommé Collinot avait des terrains.

Maijacquot : maise (terrain, jardin) qui aurait appartenu à un M. Jacquot.

La fouchère : de fouchier = creuser le sol.

Tourne-cul : terrain en pente, les gens y travaillant tournent les fesses vers ceux qui passent sur le terrain en bas.

Villée : emplacement où aurait existé une partie de l’ancien village devenu Saint-Urbain et qui s’appelé avant Villars(?)

(D’après monsieur Yvon Gaillet)

PIERRE À PETROGLYPHES

Cette pierre a été recueillie par Monsieur Pierret, qui l’a fait sceller contre le mur de sa maison, dans la cour de l’abbaye.

Elle fut découverte vers les années 1960 près de l’ancienne abbaye au cours de travaux d’adduction d’eau. Elle était enfouie sous un mètre de terre.

Cette pierre mesure environ 1,70 mètre sur un mètre et 0,15 mètre d’épaisseur.

En son centre, dans le sens de la longueur, on peut observer une rigole de laquelle se détachent un petit canal à gauche et trois autres à droite, rappelant le dessin d’un arbre.

Cette pierre est en calcaire local, très érodée par le temps. En bas, on voit très bien deux entailles beaucoup plus récentes, qui sont des « trous de louves », taillés probablement par les moines pour faciliter son transport.

C’est un monolithe travaillé par la main humaine, remontant au moins à l’âge de bronze ou peut-être au néolithique.